mercredi 28 novembre 2012

Les nouvelles batailles qui attendent Apple

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 Points de vue, de Jules Minvielle
Par Les Echos | 28/11 | 07:00
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 La part d'Apple sur le marché des smartphones a atteint 14,9 % au troisième trimestre 2012, contre 16,9 % au trimestre précédent. Selon les estimations publiées par le cabinet de recherche IDC le 1 er novembre dernier, le système d'exploitation Android de Google équipe désormais 75 % des appareils, soit 136 des 182,1 millions de smartphones vendus dans le monde au troisième trimestre. La marque à la pomme, connue pour la fidélité quasi religieuse de ses utilisateurs, les fascinerait-elle moins aujourd'hui ?
Un rapport de Strategy Analytics paru récemment démontre que la loyauté des utilisateurs d'iPhone recule. Ainsi, aux Etats-Unis, ceux prévoyant de rester fidèles à Apple lors de leur prochain achat sont aujourd'hui 88 %, alors que ce chiffre était de 93 % l'an passé. En Europe occidentale, cette proportion plonge de 12 points (de 88 à 75 %). Certes, la chute n'est pas énorme et le nombre de possesseurs d'iPhone continue d'augmenter, mais cette baisse semble être un signe avant-coureur.
D'autant que deux autres batailles décisives attendent Apple. La première est hautement symbolique : il s'agit du nombre d'applications disponibles sur le « store ». Même si une étude d'Adeven a montré qu'une grande partie d'entre elles n'ont jamais été téléchargées (applications dites « mortes » ou « zombies »), leur profusion a toujours été un argument marketing pour Apple. Et, avec les 700.000 applications disponibles sur Google Play, soit autant que sur l'App Store, les consommateurs ont aujourd'hui un choix qu'ils n'avaient pas auparavant.
La seconde se situe également sur le terrain des applications. Après avoir tenté de se passer de Google pour la cartographie, Tim Cook a dû présenter ses excuses aux utilisateurs : la nouvelle application Plans, intégrée par défaut dans les iPhone, présentant de nombreuses erreurs et approximations qui provoquent des réactions dont Apple n'était pas coutumier. Il est très surprenant qu'Apple laisse penser, à travers ses récentes décisions, qu'il n'a pas pris la mesure de la situation. Les ventes de l'iPad Mini nous diront si le choix était le bon. Mais le maintien d'un prix élevé, supérieur à la concurrence pour une tablette de taille similaire, a surpris. C'est dans ce contexte qu'Apple a publié récemment les nouvelles conditions tarifaires de son App Store, applicables à certains pays, majoritairement de la zone euro. Principal enseignement : les tarifs des applications payantes et de l'achat « in-app » augmentent. La hausse est certes très faible en valeur (de quelques centimes à quelques euros d'augmentation), mais non négligeable en proportion (12,5 % en moyenne). Mais, malheureusement, une fois encore, cette réforme tarifaire aura été réalisée sans concertation avec les éditeurs. Apple peut-il encore se permettre ce type de décision dans un contexte de plus en plus concurrentiel ? Pour le moment, les chiffres parlent d'eux-mêmes : même si la proportion d'iPhones dans le parc mondial de smartphones diminue, Apple en a vendu 58 % de plus que l'an dernier à la même période. Les ventes record de l'iPhone 5 ne laissent pas présager une mort soudaine, loin de là, car, dans le même temps, les ventes d'iPad ont augmenté de 26 %, même si, là encore, Apple n'est plus aussi dominateur qu'avant
Apple est tout à fait conscient que, pour conserver son avance de leader et ne pas voir le marché qu'il a créé lui échapper, son salut passe par l'innovation. C'est ce que tous les utilisateurs d'iPhone attendent, sous peine de rejoindre rapidement la communauté des androïnautes.
Jules Minvielle
Jules Minvielle est président et fondateur de Surikate.

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